Le marché de la plongée
L’organisation du temps libre tient une grande place dans la vie privée d’une grande partie de la population. Beaucoup recherchent un bien être personnel dans la relaxation, l’absence de stress, le plaisir, les échanges sociaux, le contact avec la nature et peut-être aussi un peu d’aventure. La plongée satisfait ces exigences.
On estime à environ 300.000 le nombre de plongeurs français. 75.000 pratiquants de la plongée sous-marine se forment chaque année, soit 25 %. La FFESSM a délivré plus de 145.000 licences en métropole en 2001, et 50% d’entre elles ont été délivrées par l’intermédiaire de clubs de plongée situés dans des départements sans façade maritime.
Ce pourcentage pourrait être encore plus important si de nombreux plongeurs ne prenaient pas leur licence sur leur lieu de vacances. La pratique de la plongée n’est donc pas réservée aux habitants des zones littorales.
Globalement on peut dire que 2,7 français sur 1.000 étaient licenciés à la FFESSM en 2001, 36 sur 1.000 sont dans un club de football, 17 sur 1.000 dans un club de tennis et 7 sur 1.000 dans un centre équestre.
La formation
La plongée n’est pas une activité difficile à pratiquer. Ce n’est plus l’apanage de quelques uns comme les plongeurs Cousteau ou les commandos de l’armée. Ce n’est pas non plus un simple passe temps exotique.
Le secteur de la plongée se professionnalise et c’est un élément sur lequel il faut compter dans le marché des loisirs. L’enseignement de la plongée est assuré par des moniteurs fédéraux ou diplômés d’Etat. En théorie, seuls ces derniers peuvent enseigner la plongée contre rémunération. C’est la région PACA qui compte le plus de moniteurs actifs diplômés. L’approche ludique de l’enseignement nous vient d’Amérique du Nord et la théorie est extrêmement épurée dans son contenu. La logique qui prévaut aujourd’hui dans l’apprentissage de la plongée est d’une part, d’adapter la formation aux besoins du plongeur (théorie légère) et d’autre part, de faire du commerce.
C’est la FFESSM qui délivre le plus de formations, suivie de PADI, les autres écoles étant marginales. On estime à 75.000 le nombre de brevets de plongée délivrés en 2000 en France.
Pour la FFESSM, près de 70% des brevets sont des niveaux 1 (plongeur débutant), plus de 20% sont des niveaux 2, près de 8% sont des niveaux 3 et 2% sont des niveaux 4. Après le niveau 2, le plongeur accède soit au niveau 3 pour avoir plus d’autonomie, soit directement au niveau 4 pour avoir plus d’autonomie et se diriger vers la formation de plongeurs.
Pour PADI, près de 50% des brevets délivrés sont des Open Water Divers (plongeur débutant), 40% sont des Advanced Divers, 8 % sont des Rescue Divers et 0,4 % sont des Divermasters.
Dans le système PADI, la progression du 1er niveau vers le deuxième est quasi linéaire : le plongeur est fidélisé dès les premières étapes de sa formation. L’école de plongée PADI intègre en effet des techniques marketing, centrées sur le plaisir, l’aventure et le style de vie : la formation est organisée en petites étapes, courtes et facilement compréhensibles, pour lever les freins du client.
La décision est plus facile à prendre, il est sûr d’aimer le produit, il obtient une reconnaissance… L’instructeur a pour rôle de former le plongeur et toujours de faire la promotion des cours. En 2002, les certifications PADI ont progressé de 14 %.
La plongée en famille
En matière de vacances, le désir de faire quelque chose en famille est important. La plongée en famille se développe de plus en plus et des formations spécifiques pour les enfants existent. Les enfants peuvent pratiquer la plongée à partir de 8 ans.
Plonger en famille est d’ailleurs l’un des thèmes publicitaires de voyagistes, tour operators. Les enfants font souvent preuve d’un enthousiasme et d’un talent naturel pour le monde subaquatique. La plongée leur permet de pratiquer une activité sociale sans compétition immédiate et de développer indirectement des connaissances en physique, mécanique, médecine et biologie hors du contexte scolaire.
Faire plonger des enfants nécessite du matériel spécifique adapté à leur morphologie. C’est certainement pour cette raison que l’offre sérieuse en direction de ce public est peu importante et les professionnels hésitent à s’investir. La plongée enfants permet pourtant un travail en continu, l’activité pouvant être hebdomadaire. Le thème des enfants, qui attire les médias, permet des retombées en matière de communication.
Les écoles urbaines
Les écoles de plongée urbaines ne cessent de se développer en développant des concepts adaptés aux attentes du client. Elles ne sont pas multicartes et choisissent leur camp en matière de formation.
Ainsi elles proposent en général deux cursus au plus : l’un français, l’autre américain (ex : FFESSM et PADI).
La motivation principale du client est l’obtention d’un diplôme pour partir en voyage. Le système PADI correspond bien aux cadres et professions libérales qui voyagent beaucoup. La vocation des écoles de plongée urbaine est essentiellement de former de nouveaux plongeurs et non de les perfectionner.
De 60 à 70% des brevets délivrés sont équivalents au 1er niveau. Beaucoup de brevetés se suffisent ensuite de ce premier niveau pour plonger lors de leurs vacances. Le choix de poursuivre la formation dépend essentiellement de l’ambiance de l’école et de la confiance que les encadrants ont su créer.
Le plongeur choisit parmi les cours de spécialités ceux qui lui permettront de compléter sa formation. Les spécialités qui marchent le mieux sont les spécialités simples avec un côté ludique et qui demandent peu de temps (maximum 1 week-end).
Ce qui marche bien : le vêtement étanche, le masque facial, le scooter sous-marin, la plongée sous glace, le nitrox… Ce qui marche moins bien même si à priori le plongeur s’y intéresse : la spéléo, la biologie subaquatique, l’orientation…
Ce sont seulement des tendances car ce qui fait marcher les spécialités c’est l’enthousiasme que l’instructeur communique à ses élèves pour telle ou telle spécialité ! Les clients des écoles urbaines, comme des écoles dites de l’intérieur, sont demandeurs de voyages ou de week-end en mer pendant lesquels ils retrouvent leur moniteur. C’est peu lucratif pour les écoles mais cela permet de fidéliser la clientèle.
Les partenariats
Les partenariats sont très fréquents dans le monde de la plongée. Il s’agit de partenariats entre :
- Les centres de plongée et les fabricants de matériel : cela prend la forme de « pseudo » labels pour les centres équipés exclusivement avec une marque de matériel. Les clients sont à priori sûrs d’avoir un matériel récent et de bonne qualité ; ils pourront le tester en situation et être plus enclins à l’acheter ensuite.
- Les centres de plongée et les détaillants : les clients sont dirigés pour leur matériel personnel vers le détaillant auprès duquel le centre de plongée s’approvisionne.
- Les centres de plongée et les voyagistes : les clients des centres de plongée intéressent les voyagistes spécialisés dans les produits plongée. De plus en plus de voyagistes proposent avant le départ de suivre une formation plongée de base afin de profiter au mieux du séjour.
(Ex : passez votre 1er niveau en un week-end en piscine et appréciez pleinement vos premières bulles en mer au fil de vos vacances).
La « mode » de l’environnement
Le tourisme est l’un des secteurs de l’économie mondiale qui a la plus grande croissance. Mais le passé a prouvé que le tourisme peut altérer l’environnement écologique et social. Le souci de l’environnement et de l’éthique n’est pas un nouvel emballage de produits touristiques.
Sensible dès les années 1970, il n’a cessé de progresser lentement mais sûrement. Depuis la fin des années 1980, s’y ajoute une dimension d’exigence éthique. Nous sommes passés d’une sensibilité aux apparences (propreté d’aspect) à une exigence du produit à rendre des comptes en matière d’environnement (mesure des pollutions…). Et sur le littoral, la composante environnementale progresse : les labels Pavillon Bleu, les acquisitions foncières par le Conservatoire du Littoral…
L’écotourisme est aujourd’hui considéré comme le secteur le plus dynamique de toute l’industrie du tourisme. 2002 est l’année de l’écotourisme : engagement de développement durable pris par l’ONU.
La plongée est un moyen d’étude et de découverte du milieu. Elle amène à discuter des problèmes de préservation de l’environnement et de contrôle de la flottabilité. Ainsi elle pourrait aller dans le sens d’un tourisme écologique. Pourtant le plongeur est souvent perçu comme destructeur du milieu dans lequel il s’immerge (coups de palmes, ancres des bateaux) et la fréquentation excessive des sites de plongée provoque un stress constant de l’environnement concerné. La formation doit donc permettre d’améliorer sa façon de plonger tout en préservant l’environnement |