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Ports de plaisance : le traitement des déchets et des eaux usées
La croissance du nombre et de la taille des bateaux de plaisance d’une part, les contraintes réglementaires d’autre part font qu’aujourd’hui, nombre de ports de plaisance vont devoir se préparer à des aménagements de fond dans les prochaines années. Un mouvement déjà très largement entamé dans le réseau France Stations Nautiques.
La gestion des déchets, des eaux grises et des eaux noires est un des grands dossiers auxquels vont devoir s’attaquer les ports de plaisance. C’est ainsi qu’à Saint-Malo une station de traitement des eaux usées fonctionne depuis bientôt deux ans sur le pour de plaisance des Sablons, que le port des Sables d’Olonne s’est équipé cette année, tout comme les ports de Dunkerque, Gravelines, Fécamp ou Thonon les Bains.
Beaucoup de ces ports ont parallèlement mis en place un système de tri sélectif des ordures, comme Port Chantereyne à Cherbourg qui propose aussi aux plaisanciers un système de récupération des batteries et des piles usées, accessoires dont les bateaux de plaisance font une assez grande consommation.
Mettre en place des actions exemplaires
Mais la politique de protection de l’environnement ne se limite pas à la mise en place d’équipements structurants pour la gestion des déchets dans les ports de plaisance. Le développement d’initiatives modèles contribue aussi à faire avancer les actions de protection du milieu marin.
C’est ainsi qu’est mené sur la station de Saint-Raphaël, un programme de réhabilitation de la baie d’Agay, destiné à aider à la reconstitution des herbiers de posidonie. Le mouillage sur ancre est interdit et des coffres dont la chaîne ne traîne pas sur le fond, sont à disposition des plaisanciers. Parallèlement une opération de reconquête de la plage est lancée grâce à la mise en place de drains qui freinent l’érosion et permettent au sable transporté par la houle de se redéposer.
A la station du Grau du Roi Port-Camargue, c’est une navette à propulsion électrique qui permet de traverser le plus grand port de plaisance d’Europe. La navette propose aussi des promenades en mer. Une démarche logique pour un port de plaisance certifié ISO 14 001, la norme internationale relative à la mise en place d’un système de management environnemental. Les entreprises qui choisissent de se conformer à ces exigences s’engagent dans un processus d’amélioration continue de leurs performances environnementales.
C’est encore le cas de la station nautique du Pays Rochefortais qui s’est engagé dans une réflexion globale sur la gestion des déchets d’une part, des dépenses énergétiques d’autre part. Une enquête a été lancée auprès des entreprises nautiques, des ports et des clubs nautiques de la station. Sur la base du diagnostic établi, il sera proposé un plan de d’actions qui, par le biais de mise en place d’équipements, d’actions de sensibilisations, d’animations, permettra de réduire les dépenses énergétiques et de mieux gérer les déchets.
Enfin la station nautique de Hyères, en partenariat avec la Ligue de Protection des Oiseaux, l’association « Eco l’eau » de Porquerolles qui travaille sur la protection des posidonies et le parc national de Port Cros, a conçu une plaquette de sensibilisation aux plaisanciers sous forme de jeu concours avec des lots à gagner. L’opération a reçu un accueil très favorable puisque plus de 120 plaisanciers ont su répondre à l’ensemble des questions. Le taux de retour spontané de ces questionnaires distribués à 1500 exemplaires témoigne de l’intérêt que tous y ont trouvé. S’il en fallait encore une preuve, on pourrait aussi citer les 400 plaisanciers inscrits à une journée de découverte des oiseaux du littoral organisée par la LPO. |
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L’île des Embiez, un espace symbolique pour ce colloque
Ce n’est pas un hasard si l’île des Embiez a été choisie pour accueillir ce colloque France Stations Nautiques consacré à l’environnement. L’île qui abrite l’institut océanographique Paul Ricard est un des rares espaces totalement préservés du littoral méditerranéen : la végétation des Embiez présente un écosystème d’une grande richesse. On peut y observer plus de deux cents espèces à fleurs et à fruits dont des espèces sauvages préservées que l’on ne retrouve plus sur le continent, comme le surprenant perce-pierre, l’altière orchidée. Forte de cette richesse, la population animale de l’île est presque exclusivement endémique, à l’exception de deux biquettes qui y ont été emmenées en 1994. Si les espèces marines sont nombreuses, l’observateur attentif de la nature pourra également distinguer l’avocette agile, le timide gravelot, l’élégant héron cendré, le cormoran pataud, l’aigrette délicate, le bleu martin-pêcheur. Certains oiseaux migrateurs, comme les flamands roses, y font escale. L’île des Embiez est un refuge de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) et les ornithologues y viennent régulièrement observer des oiseaux non repérés à terre.
En matière d’aménagements, la création de la toute première marina française creusée à sec sur les anciennes salines et la fondation de l’Institut Océanographique en 1966 avec Alain Bombard, le Commandant Cousteau et Haroun Tazief, illustrent les grandes qualités novatrices et protectrices de Paul Ricard. Comme à Porquerolles, la circulation est interdite sur l’île des Embiez. La Société Paul Ricard qui en détient la propriété et la gestion, s’est dotée dès 1994 de son tout premier véhicule électrique. 10 ans plus tard, on en trouve plus de trente en circulation. Ces véhicules parmi lesquels de nombreux petits utilitaires servent notamment aux déplacements des équipes du port de plaisance, Saint-Pierre des Embiez. La Convention signée avec la branche Transports d’EDF et l’Ademe en septembre 2003 permet d’élargir le transport propre aux rotations maritimes assurées par l’entreprise pour desservir ses deux îles et le continent. En Avril 2005 et avec beaucoup d’avance sur les prévisions, l’île des Embiez accueille ainsi pour un test grandeur nature, le tout premier catamaran électro-solaire affecté à du transport régulier de passagers en mer. Le mois dernier, une nouvelle convention est signée avec la direction régionale PACA d’EDF. L’objectif : élargir la collaboration des deux entreprises et viser une prise en compte globale du développement durable, intégrant tous les métiers de la société Paul Ricard.
Le Port Saint-Pierre des Embiez,
En 1964, la construction du port démarre avec l’objectif de réaliser une œuvre puissante et originale qui puisse s’intégrer et s’harmoniser parfaitement dans le cadre sauvage d’une île vierge. La partie nord des salins constituait un site exceptionnel permettant de réaliser les travaux à l’abri d’une digue en terre contenant la mer. Tous les terrassements ont été faits à sec, avec fondations et ouvrages destinés à être immergés. Cette technique spectaculaire permettait également de ne pas nuire à l’environnement marin et au milieu aquatique. 18 mois de travaux, 110.000m3 de terrassements, 50 m3 de dragage, 15.000 tonnes d’enrochements, 2.500 m3 de béton, 450 tonnes de pal-planches, 100 tonnes d’acier, 70 tonnes de fer gray et la première marina française fut créée dans le Var par un investisseur privé. Pour prendre conscience de l’ampleur du chantier, il faut imaginer creuser 12 mètres de la place de la Concorde à Paris ou encore percer de 3 mètres de profondeur une artère comme la Canebière à Marseille. 10 jours ont été nécessaires pour sa mise en eau (140.000 m3), à la vitesse de 2 cm / heure. Sa mise en eau fut un moment merveilleux où l’on compta plus de 1.000 personnalités, dont un Maréchal de France, le Maréchal Juin et six amiraux… Le deuxième ouvrage venant compléter cette installation, « le port des jeunes » fut construit dans les années 1980. Plus de 40 ans plus tard, l’esprit de Paul Ricard perdure.
Aujourd’hui, 750 anneaux, répartis entre le port Saint Pierre à l’Est et le Port des Jeunes à l’Ouest, bénéficient pour la 2ème année consécutive du Pavillon Bleu d’Europe. Cette reconnaissance reflète la haute qualité environnementale sur l’ensemble de la zone portuaire, avec une mention spéciale pour la propreté du plan d’eau, les sanitaires et la gestion des déchets. Il faut dire que le port ne lésine pas sur les moyens : raccordement des eaux usées au continent, poste de récupération des eaux grises et noires, point propre avec bac collecteur de piles et conteneurs pour le tri sélectif… Mais ces soins ne suffiront à préserver l’équilibre du milieu marin, c’est pourquoi le port Saint Pierre mise sur la sensibilisation : numéro spécial environnement de son bulletin d’information, journée collective île propre, animations nautisme et environnement tout au long de l’année, accueil des ambassadeurs éco-gestes sont autant d’opérations destinées à impliquer le plus grand nombre. Et ça marche, en juin 2005 le commerce de proximité de l’île décide de supprimer la distribution de sachets plastiques et surtout le port compte parmi 7 nominés sur les 84 ports pavillons bleu pour recevoir le Grand Prix Education et Environnement organisé par la FEEE et la Banque Populaire Côte d’Azur… Rendez-vous le jeudi 20 octobre au siège de la BPCA à Nice pour découvrir les résultats. Rappelons que ces efforts s’intègrent dans la volonté de la Société Paul Ricard de faire des Embiez une île exemplaire. C’est pourquoi le port réinvestit chaque année un tiers de ses recettes en travaux d’amélioration. Près de 3 millions d’euros auront été consacrés entre 2003 et 2006 à sa rénovation. Au cours des 3 dernières années, le port s’est offert une cure de jouvence avec : pontons neufs, pannes flottantes, bornes et réseaux d’eau et d’électricité, WIFI…
Résolument tourné vers l’avenir, Saint-Pierre des Embiez est inscrit dans la démarche régionale Port Propre et devrait recevoir le label début 2006. Egalement engagé dans la mise en place d’un système de management environnemental, il vise la certification ISO 14001d’ici mars 2006. Parmi ses grands projets : le développement de l’événementiel nautique avec l’accueil des 40 bateaux de l’amicale des Grands Banks et la coupe d’Europe de FIN en juillet 2006. Une base nautique avec une école de croisière pour les bateaux de 10, 12 mètres devrait également voir le jour en 2006 tout à côté de la capitainerie. Pour finir le Port Saint Pierre a élaboré un projet d’organisation des mouillages autour de l’île des Embiez avec la communauté d’agglomération TPM et la Ville de Six Fours. Potentiellement ce sont 80 ancrages écologiques qui pourraient voir le jour l’année prochaine. Une identité visuelle propre sera créée très prochainement pour permettre au Port Saint Pierre des Embiez d’affirmer sa position dans le paysage nautique du littoral varois. Bref, un cadre idéal pour réfléchir à la mise en application d’une politique environnementale de qualité; |